Informations
Topsites

Votez et réclamez vos points ICI !

Réseaux
Crédits

Bannière dessinée par Yetsa, Dhalahi, Shasta & Soto

Design & Codage © Tadji, Soto & Angola

Musique du lecteur © Adrian von Ziegler Law of the Jungle

Optimisé pour Mozilla Firefox

Jeu déconseillé aux -12 ans

AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Events & RPs Importants
Ne ratez pas ...
Jetez un œil à la liste des rôles importants disponibles au sein des clans.
Venez tenter les RP Missions !
Laissez un commentaire sur notre Livre d'Or !

Partagez | 
 

 Les Fleurs du Mal ft. Sadaka

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
De Feu et de Sang


À mon sujet

Age : 25 Féminin
Nb de Messages : 3581
Localisation : France (78)

En savoir +
MessageSujet: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   Lun 3 Sep - 21:03



LES FLEURS DU MAL
Qui veut atteindre les sommets doit s'attendre aux abîmes

Tadji n’avait pas quitté la Lande depuis très longtemps, pourtant, il avait l’impression qu’une éternité le séparait de ses premiers pas sur cette terre désolée. Le vieux mâle avait laissé Prideland derrière-lui pour finalement retourner sur le dernier royaume encore neutre de la Terre des Lions. Depuis la défaite des Démons Noirs, les Pridelanders avaient pris grand soin de conserver cet aspect de ce territoire qui, jadis, leur avait servis de refuge. Tadji le savait car il n’oubliait pas les histoires contées par son père et sa mère. Désormais loin des terres habitées, Tadji ne s’attendait plus à croiser quelqu’un aujourd’hui, du moins pas quelqu’un qui vaille la peine de s’en faire.

C’était là sa première erreur.

Son voyage l’avait harassé, mais pas suffisamment pour le faire s’arrêter si près de Prideland. Il apercevait au loin le Grand Baobab et se demanda un instant s’il pourrait y parvenir avant la nuit. Le soleil était déjà bien bas à l’horizon et cette probabilité lui paraissait bien mince … mais pas impossible s’il augmentait l’allure ; c’était sans compter, cependant, la masse sombre qui se dessinait au loin, parmi les herbes hautes de la savane. Tadji ne le voyait pas parce qu’il avait une vue digne d’un aigle, non, il le voyait parce que son pelage sombre comme la nuit le trahissait au cœur de cette vallée d’or. Un instant, le cœur du vieux lion se serra. Etait-ce l’étranger qu’il avait rencontré à l’aller et qui revenait, déjà, de son voyage ? D’aussi loin, le vieux mâle ne pouvait l’affirmer. Au vu de sa démarche, l’animal semblait plus vieux cependant, et cela n’échappa pas à Tadji. Quelque chose au fond de son cœur lui disait d’avancer et de se dévoiler, malgré le danger qu’une rencontre si près de Prideland représentait. Sa curiosité piquée à vif n’aidait pas non plus les choses … à moins qu’il ne soit nouveau venu sur ces terres, les lions noirs se comptaient sur les doigts de la main sur la Terre des Lions. De tous les lions qu’il avait côtoyés, Tadji n’en connaissait qu’un seul … aussi céda-t-il à sa curiosité comme un lionceau face à l’inconnu.

C’était là sa seconde erreur.

Ce qui l’attendait là, au bout, Tadji n’en savait rien, et d’autres lions plus sages n’auraient pas manqué de faire demi-tour. Le vieux mâle portait en son cœur le feu de la vengeance et s’il s’éteignait, qui donc aurait le courage de le rallumer ? Pourtant, le vieux mâle continuait d’avancer, encore et encore. Son instinct lui disait d’y aller, et son instinct ne l’avait jamais trompé. Tadji ne chercha pas à dissimuler sa présence, mais il se tenait prêt à filer si jamais les choses tournaient mal. Plus il se rapprochait, plus l’animal lui paraissait grand et imposant : malgré ses vieux os, le prince déchu serait plus rapide ; car ce qu’il perdait en force, Tadji le gagnait en rapidité, tout comme son père avant lui, ainsi que le père de son père. Le grand lion, au loin, demeurait immobile, comme fixant une chose que Tadji ne voyait pas. Bientôt, le mâle au pelage rouge fut suffisamment prêt pour que sa présence soit remarquée et lorsque, enfin, le grand mâle au pelage sombre se tourna vers lion, le regard de Tadji croisa le sien.

C’est là qu’il le reconnu, lui et ses yeux d’or.
C’était Sadaka, le Prince du Soleil.

_________________


There is no peace
Peace is a concept, peace is an ideal, peace is a promise, peace is a lie.
It’s just a tale we tell ourselves because the truth is so hard. There is only war
There is always fight, against each other, against our kind, against ourselves
There is only fight, and then revenge. Revenge is reality.


Images par Prince Voldy
Anciennement Samekh
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.the-lion-king-rpg.com/t3117-t-a-d-j-i-the-crowned-one
avatar
PLAYER05


À mon sujet

Age : 24 Féminin
Nb de Messages : 694
En savoir +
MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   Mar 4 Sep - 23:43

    La terre des lions était branlante et ses acteurs se dispersaient. Sadaka avait quitté une entrevue houleuse et il marchait dans les hautes herbes l'esprit ailleurs. Qu'avait-il cautionné. Venger Kuzali l'avait soulagé mais il ne l'avait fait au péril d'autres membres de sa famille ; Tadji et Waasi. Bien que les enfants de Samekh et lui se soient perdus de vue depuis longtemps, Sadaka ne pouvait ignorer ceux qu'il avait un jour appelé famille. Et pour autant, abandonné Ahva comme Fleck venait de le faire lui semblait impensable maintenant qu'ils s'étaient retrouvé. Le mensonge le poursuivait encore, et ce malgré qu'il tente à présent de le fuir. Ahva était venue vers lui après les blessures du combat, se confiant sur les termes réels du contrat passé avec Soto. Il avait dit qu'il ne l'accablerait pas et s'était convaincu qu'après tout, ça ne le concernait pas. Ahva semblait si sûre d'elle, son plan si bien mit en place qu'il n'avait rien trouvé à y redire. Elle avait juré sécurité à sa famille, Ishana était sauve. Mais le reste ? Tadji était mort, Tahani aussi. Restait Waasi, disparue. Eloignée. Ca, il ne le comprenait pas. Pourquoi leur avoir fermer les portes de Prideland ?

    Cette terre maudite faisait bien des problèmes. Jamais il n'avait souhaité être là, depuis sa plus tendre enfance. Et une fois partie, il était revenu uniquement pour mettre sa famille en sécurité. Ses enfants y trouvaient du confort et il en était sincèrement heureux - puis, il ne crachait pas sur tous les moments vécus là bas. Mais en rien il n'était réfractaire à partir vivre autre chose. Il était fatigué d'être accablé. Fatigué de souffrir de son manque de clairvoyance.

    Il se retrouvait jeune et égaré. Une sensation de déjà vu bien désagréable.

    Alors il marchait, croisant phacochères et gazelles. Animaux peu effrayés de sa présence, comme s'ils sentaient son pas lourd. De toute manière, il ne les voyait pas vraiment. Son cerveau était brouillé de réflexions, et plus que jamais il aurait aimé que sa mère soit là pour l'aiguiller. En trahissant Outland ils avaient trahi Kuzali. Ahva avait agi avec sa réalité, mais Samekh, Tadji, Waasi et Tahani étaient là bien avant. Tout n'avait pas été rose, mais, tout comme Azaan, Awena, Ahva et Kumpa, la famille rouge avait fait parti d'eux. Dans sa naïveté vengeresse, elle avait oublié bien des paramètres. Ils avaient parié la vie d'innocents. Il s'était tu. Il avait trahi sa famille...

    Les herbes hautes s'arrêtaient progressivement laissant place à la poussière et la roche. Ici peu d'herbe mais trop d'histoire. Les pas du lion le guidaient vers celle qu'il cherchait : Kuzali. Sa sépulture était à présent couverte de jeunes pousses prometteuses d'espoir. Il s'assit doucement, comme s'il ne fallait rien abimer. Lui qui croyait avoir signer pour un restant de vie serein se voyait bien démuni face aux dernières révélations. Il soupira, espérant bêtement qu'elle allait l'entendre.

    « Bonjour Reine de mon cœur... » Il déglutit à cette unique phrase. Voilà bien longtemps qu'il n'avait formulé tels mots à voix haute. Lui qui croyait commencer à guérir... Il avait fallu un nouveau mensonge pour rouvrir les plaies. Le chemin avait été si long jusqu'à la rédemption. Il aurait préféré les faire taire à jamais....

    « J'ai tant besoin de toi aujourd'hui. Voilà que tes filles ont laissé la guerre se faire et maintenant Tahani et Tadji sont à tes côtés. Et dire que je me suis tu. J'ai dis que je ne l'accablerais pas, Ahva. Je lui ai juré. Et pourtant j'aurais du dire quelque chose. Elle me fait tant penser à toi, quand je la regarde, je deviens si... fragile. Le résultat est qu'une fois de plus je m'en veux. » 

    Il savait qu'elle ne répondrait pas, mais bon sang qu'il l'espérait. 

    « Prends soin d'eux en tout cas. » Murmura-t-il dans un dernier soupir avant de redresser sa carcasse sombre et épaisse. Il savait qu'il devait rentrer, sinon Taali allait s'inquiéter. Mais il n'en avait pas envie, pas tout de suite, pas tant qu'il ignorait ses projets. Aujourd'hui seule Waasi vivait, et il devait aller la retrouver. Il n'engageait plus un clan mais seulement lui. Fermant les yeux, il retrouvait le corps inerte d'Akhet, tué par Vita. Famille contre famille, et les morts tombaient. C'était la même chose ici.

    Famille, devoir, honneur. 

    Il pensa a ses enfants, une fois de plus, ils seraient bien déçu de lui. Quand cesserait-il de les décevoir ? Comprendraient-ils que Sadaka n'arrivait pas à penser pour le clan mais seulement pour ses proches ? Cautionner l'acte d'Ahva, c'était laisser à sa sœur le temps de mener jusqu'au bout son plan. C'était essayer de recoller les morceaux. Tant qu'il avait eut la certitude qu'il n'arriverait rien à Ishana, il avait été plus calme. Il était vrai qu'il n'avait pas douté de l’habiliter de ses cousins ni de la défense d'Outland, il avait cru en eux. Tadji était un Prince, il n'aurait pas abandonné la bataille. Mais il avait été naïf et avait sous estimé la force de frappe. Une fois de plus, il se sentait penaud et pétrifié par ses actions. Il s'était tu, il avait mis en danger par son silence une partie de sa famille. Son cœur battait fort.

    Il s'arrêta, tête basse. Il eut envie de vomir. Pris entre tous, il se sentait proie déchirée parmi les lions. Comme un repas à vif, la chair tremblant encore. Il sentait qu'on dévorait sa patte, puis sa tête. Il remua la tête pour se redresser une seconde fois. Il ne rentrerait pas ce soir. Un bruit soudain l'écarta de cet acre portrait. Il tourna le regard pour le planter à ses côtés. 

    Comme un fantôme.

    Un lion fin aux traits abimés. Un œil perdu par le feu et portant malgré les blessures l'allure d'un prince. Sadaka resta silencieux, l'air presque penaud face à ce revenant. 

    « Tadji ? » Demanda-t-il dans un souffle. Ca ne pouvait être que lui et pourtant, pourtant il était mort.

_________________
Semi-Absence du 17/06 au 01/09

________________________________________________________
kit(c)L// Sadaka parle en : #271e18



Dernière édition par Sadaka le Jeu 6 Sep - 15:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.the-lion-king-rpg.com/t1824-sadaka
avatar
De Feu et de Sang


À mon sujet

Age : 25 Féminin
Nb de Messages : 3581
Localisation : France (78)

En savoir +
MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   Mer 5 Sep - 11:06



LES FLEURS DU MAL
Qui veut atteindre les sommets doit s'attendre aux abîmes

Cela faisait des lunes et des années que les yeux de Tadji ne s’étaient pas posés sur Sadaka, pourtant il l’avait reconnu. Comment pouvait-il en être autrement ? Il avait beau avoir changé, ses traits si particuliers ne s’oubliaient pas. Dans ses veines coulait le sang des Démons Noirs, ce même sang qu’avait abhorré Samekh du temps où il était encore en vie. Avec le temps, Tadji avait fini par le comprendre : Samekh n’avait jamais détesté Sadaka, il détestait simplement ce qu’il représentait ; son échec. Sadaka était le résultats physique et palpable de ce fameux jour où Samekh n’avait pas été là pour protéger la lionne du soleil. Samekh avait toujours su tout calculer et même après la mort, l’histoire continuait de lui donner raison : malgré son lien de sang avec Kuzali, la Reine du Soleil, Sadaka restait un fils de Nyeusis ; à sa manière bien à elle, Prideland n’avait jamais su l’accepté. Elle n’avait jamais su non plus lui pardonner ses erreurs ou ses choix.

Tadji avait appris beaucoup de choses concernant Ahva et Awena – il savait qu’Ahva avait orchestré ce pacte avec Soto, et il savait que s’était Awena qui l’avait mis à exécution – mais en ce qui concernait Sadaka, Tadji restait dans le flou. Il savait qu’il avait fait partie de ceux qui avait combattu le Mopango, le dernier des Nyeusis, mais jusqu’où s’étendait son implication dans cette trahison funeste ? Le vieux mâle au pelage rouge n’en savait rien, mais il comptait bien le découvrir. Le vieux mâle portait une rancune viscérale envers Ahva et Awena, mais étrangement pas envers Sadaka, comme si quelque chose au fond de son cœur lui dictait le bon chemin à prendre. Peut-être était-ce dû à ce lien qui les unissait, à ce passé qu’ils avaient en commun. Le lionceau au pelage sombre avait vécu au Refuge avec Samekh et cette vérité faisait d’eux des frères, quand bien même le sang qui coulait dans leur veine était différent. Si Sadaka s’était toujours sentit exclu de cette famille de substitution – lui, fils de la nuit parmi les enfants du feu – ce lien n’en était pas moins véritable dans le cœur de Tadji. Cet héritage permettait à Sadaka d’être clairvoyant à cet instant précis, contrairement à Ahva ou Awena : lui qui avait grandi bercé par les contes de la Terre de Feu, il connaissait la fierté de ses enfants. Il savait déjà que l’issue de cette histoire de trahison ne trouverait pas de fin favorable … car les Enfants du Feu n’étaient pas enclins au pardon.

Le vieux mâle au pelage rouge détailla un instant le prince du soleil, s’imprégnant de sa présence, lui qui ne l’avait pas vu depuis tant d’années. Il était grand et fort – bien plus que ses comparses de Prideland – mais le temps avait laissé sur lui et son visage les marques de la guerre. Son combat avec Mopango avait su laissé ses traces, souvenirs éternels de ce qui s’était passé ce jour-là ; seuls restaient intacts ses yeux d’or, héritage de Kuzali. Toute une vie séparait les deux princes, que le destin rassemblait pourtant aujourd’hui. Lorsque Tadji l’entendit prononcer son nom, un sourire furtif se dessina sur ses babines. Au son de sa voix, le vieux mâle pouvait percevoir sa surprise et le rythme de son cœur. Un fantôme, c’était bien ce qu’il était.

« — En chair et en os … » déclara Tadji en guise de réponse, presque d’un air léger … mais les paroles qui suivirent condamnèrent toute trace d’éventuel humour « Mais pas grâce à tes sœurs »

Tadji ouvrait les hostilités, mais qui pouvait l’en blâmer ? Pour la première fois depuis qu’il était de retour sur la Terre des Lions, quelqu’un le reconnaissait. Ces deux syllabes annonçaient la fin de son anonymat, car même si Sadaka faisait le choix de taire ce secret, Tadji savait que la rumeur de son retour commencerait à se répandre comme un feu de savane. Malgré le ton de sa voix et le choix de ses mots, Tadji ne cherchait pas querelle.

« — Sadaka, dis-moi, fais-nous gagner du temps » lui demanda le vieux mâle « J’ai besoin de savoir de quel côté tu es, Prince du Soleil. Une tâche d’ombre demeure encore sur le tableau de la discorde : as-tu joué un rôle dans cette macabre trahison qui a vu mourir mon peuple ? » Le prince déchu d’Outland n’avait pas de temps à perdre ; la politesse, les bonnes manières, tout cela pouvait attendre « Je te porte de l’affection, Sadaka : ne me ment pas »

Tadji ne voulait pas des explications, il voulait des réponses. Il se fichait des justifications de Sadaka et ne lui en demandait pas : le prince déchu voulait simplement savoir s’il devait considérer le prince du soleil comme un ennemi ou non. De tous ceux qui avaient été impliqués dans cette macabre mascarade, Sadaka était celui qui avait le plus de légitimité … dans un sens, c’était à cause de lui et de ses erreurs que Kuzali était morte. Elle avait été tuée par nul autre que son oncle, Mopango, le frère de son terrible père. De tous ceux qui avaient participé à cette sinistre bataille, Sadaka était le seul à pouvoir faire tous les choix possibles pour venger sa mère ; et il était le seul à pouvoir trouver grâce aux yeux de Tadji. Droit devant cette montagne au pelage noir qui le dominait de plusieurs têtes, Tadji n’avait jamais autant ressemblé à Samekh qu’aujourd’hui.

_________________


There is no peace
Peace is a concept, peace is an ideal, peace is a promise, peace is a lie.
It’s just a tale we tell ourselves because the truth is so hard. There is only war
There is always fight, against each other, against our kind, against ourselves
There is only fight, and then revenge. Revenge is reality.


Images par Prince Voldy
Anciennement Samekh
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.the-lion-king-rpg.com/t3117-t-a-d-j-i-the-crowned-one
avatar
PLAYER05


À mon sujet

Age : 24 Féminin
Nb de Messages : 694
En savoir +
MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   Jeu 6 Sep - 15:11

    Non seulement vivant mais bien bavard – Tadji parlait de but en blanc, il attendait des réponses. Le temps passé au loin ne semblait l'avoir détourné de sa quête - il revenait plus sûr de lui que jamais.

    « Je ne te mentirais pas Tadji, je ne me suis pas opposé à cette fourbe attaque. » Il dégluti. Le regard de Tadji lui disait de se taire, comme si c'était la seule réponse qu'il attendait pour lui bondir dessus. Malgré son œil gris, il était digne fils de son père. Son ton était vif, tranchant, il savait où il voulait aller. Tout le contraire de Sadaka. Lui qui avait toujours été à côté, jamais sûr, jamais au bon endroit au bon moment.

    « Je n'ai jamais recroisé Waasi. J'ai entendu dire qu'elle avait demandé asile sur Prideland et que cet asile lui avait été refusé. J'avoue que j'espérais la croiser en venant ici. » Fallait-il qu'il soit bavard ? « Tadji je ne veut pas choisir de camps, Ishana avait été mise en sécurité. Jamais je n'aurais interdit les terres de Prideland à Waasi. Je crois qu'il faut juste que j'assume aujourd'hui mes actes et le fait d'être un lion égoïste. Je n'arrive pas à penser au clans, à la masse. »

    Il aurait pu continuer encore mais il ne le fit pas. Tadji n'en voulait pas, il pouvait le sentir. Mais il voulait qu'il comprenne qu'en rien il ne choisissait le meilleur bout de viande. Il était sincèrement inquiet pour eux, il avait été peiné d'apprendre la mort de Tadji et Tahani. Il était même venu les pleurer sur la tombe de sa mère... Mais voilà qu'il était là, bien vivant et prêt à tout.

    Il décelait dans ses yeux une flamme qu'il connaissait par cœur ; celle de la vengeance. Tadji ne s'arrêterait pas à un nom, un visage ni même un allié. Il allait faire payer Prideland, et ceux qui avaient participer à l'assassinat des siens. Sadaka était à présent sur la liste. Son cœur se gonfla. Le schisme était présent, et chaque seconde était une souffrance. Il sentait sa famille se déchirer, douloureusement. Ca ne datait pas d'aujourd'hui, mais les yeux de son cousin et la passion vengeresse désignait un nouvel acteur dans cette bataille. Et Ahva, et Awena ? Allaient-elles souffrir, allaient-elles subir la torture sous les pattes de Tadji, fils de Samekh, lion qui avait tout donné – même sa vie – pour porter secours à leur mère. Il ne pouvait pas l'envisager... Ahva comptait trop pour lui. Tout comme Waasi comptait pour Tadji.

    Oui, sa famille se déchirait et il n'était pas innocent. Il avait cru que – mais c'était toujours son excuse. Il se sentait si inutile. Plus personne ne comptait sur lui, et une fois que ses enfants auraient appris la vérité, personne ne compterait plus sur lui non plus. Seule Taali demeurait présente, mais Sadaka en avait honte pour elle. Elle qui les avait aidé dans cette vengeance se voyait une fois de plus sur le banc de touche pour ses enfants. Par sa faute. Restait donc Ahva, elle était comme lui, un ilot isolé un peu perdu...

    « Que tu veuilles le croire ou non, je te porte de l'affection Tadji. » Sadaka n'oubliait pas l'enfance. Sans l'intervention du lion rouge – à l'époque lionceau - la vérité avait éclatée bien plus tôt, sur la Lande. La maladresse de l'enfance avait amenée des réalités d'adultes. Il ne le quittait pas des yeux, espérant y trouver quelque chose qui pourrait les lier à nouveau. Un mea culpa silencieux. Sadaka était un vieux lion à présent, un vieux lion abimé qui n'avait pas appris grand chose face à un nouveau combat. Tadji allait-il, à son tour, mettre la terre des lions à feu et à sang ?

    « Que recherches-tu Tadji ? » Il pensait connaître la réponse à cette question, mais il voulait l'entendre de lui.

    Sadaka, le sacrifice. Le plus gros sacrifice qu'il venait de faire était le sacrifice de soi face au reste du monde. Il n'était qu'une ombre à présent. Comme se mouvoir, et pour qui ? Tadji, visage du passé lui renvoyait la crainte d'un avenir déchirant. Qui protéger et contre quoi ? Que faire...

_________________
Semi-Absence du 17/06 au 01/09

________________________________________________________
kit(c)L// Sadaka parle en : #271e18

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.the-lion-king-rpg.com/t1824-sadaka
avatar
De Feu et de Sang


À mon sujet

Age : 25 Féminin
Nb de Messages : 3581
Localisation : France (78)

En savoir +
MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   Jeu 13 Sep - 18:46



LES FLEURS DU MAL
Qui veut atteindre les sommets doit s'attendre aux abîmes

Aux aveux de Sadaka, quelque chose se brisa dans le cœur de Tadji. S’il s’était attendu à le savoir coupable, en avoir la certitude était autre chose. Lorsque le vieux mâle avait appris la trahison d’Ahva, une colère sans nom l’avait envahi … mais puisqu’il s’agissait de Sadaka, une partie de lui savait que c’était différent. Différent, puisque légitime.

« — Je … suis désolé de l’apprendre » déclara Tadji. C’était vrai : il était peiné d’apprendre que Sadaka avait fait partie de ceux qui avaient sciemment condamné un peuple au profit d’une vengeance – et quelle vengeance ! – pourtant, au plus profond de lui, le vieux mâle ne lui portait pas rancune … pas tout à fait ; il n’était pas certains lui-même d’en comprendre les raisons « Je suppose qu’on paye tous le prix de nos erreurs un jour ou l’autre »

Tadji se souvenait des erreurs qu’il avait commises lorsqu’il était enfant. Sa première rencontre avec Sadaka faisait partie de ses souvenirs les plus marquants. C’était ce jour-là que Tadji avait appris que les mots étaient, parfois, bien plus blessants qu’un coup de griffes ou de crocs. C’était ce jour-là qu’il avait également, en quelques poignées de minutes, fait s’écrouler l’idyllique famille de Samekh et Kuzali. Il avait fait chavirer cette planche sur laquelle le petit Sadaka comptait s’accrocher, perdu au cœur d’un océan déchaîné qu’avait été les circonstances de sa naissance.

Tadji n’avait pas non plus été là lorsque le corps de Kuzali avait été retrouvé. Il ne lui avait pas proposé son aide ni aucune assistance – comment l’aurait-il pu, lui qui était lui-même en proie à la guerre – il ne l’avait soutenu ni dans le deuil, ni dans la vengeance. L’aurait-il fait si l’occasion s’était présentée ? Le vieux mâle n’en savait rien et il n’était pas du genre à se torturer l’esprit pour des choix passés qui n’avaient jamais existé. C’était toute ces erreurs-là qui empêchaient Tadji d’avoir en son cœur la même rancune qu’il avait pour Ahva. Ahva avait eu une vie idyllique : princesse de Prideland, fille du Soleil, la vie ne l’avait jamais bousculée. Elle avait grandi avec un père et une mère, et c’était déjà bien plus que ce que Tadji ou Sadaka avaient eu. Tadji la haïssait ! Il la haïssait tellement ! Le vieux mâle savait que Sadaka n’avait pas fait le choix qu’il avait fait par vengeance à son égard, mais il croyait en une force supérieure, en ce que d’autres animaux en d’autres lieux appelaient le karma.

Lorsque le mâle au pelage sombre mentionna finalement Ishana, les oreilles de Tadji se dressèrent. Ishana ? En sécurité ? Etait-ce possible ? Pourquoi ? Que possédait donc Ishana de plus qu’eux ? Etait-ce grâce à ce Masika ? Un millier de questions s’amassèrent dans l’esprit de Tadji.

« — Ishana ? Tu sais où se trouve Ishana ? » lui demanda-t-il. Le vieux mâle était friand de certitudes.

Et puis, Sadaka se confia, se trouvant égoïste … Tadji n’était pas de cet avis.

« — Je comprends ton choix, bien que je n’y adhère pas » lui répondit le mâle au pelage rouge. Tadji ne pouvait pas faire comme si de rien n’était, mais il était plus déçu que véritablement en colère. Malgré tout, il comprenait parfaitement le choix de Sadaka : en cela résidait toute l’ambigüité de son ressentit. Même s’il ne l’approuvait pas, Tadji comprenait son choix. Il comprenait ce désir de vengeance et de se repentir, de réparer les erreurs « Ce qui t’es arrivé … n’était pas de ta faute » affirma-t-il finalement. Les circonstances qui avaient conduit à la mort de Kuzali ne lui était pas inconnues – elles n’étaient inconnues pour personne – mais contrairement à beaucoup d’autre, Tadji n’avait pas juger Sadaka comme coupable. Il y avait joué un rôle, certes, mais son cœur n’avait jamais voulu la mort de Kuzali … bien au contraire. Il avait été manipulé par le dernier des Démons Noirs, tout comme ils l’avaient fait avec le reste de la Terre des Lions quelques années plus tôt « De tous ceux qui ont trahi Outland, toi seul en avait le droit le plus légitime » déclara Tadji « Et pourtant, tu n’en es pas l’investigateur » C’était à Sadaka que l’on reprochait la mort de Kuzali, pas à Ahva ni à sa royale sœur. De toutes les victimes de cette tragédie, Sadaka en était la plus grande. Le poids de ses erreurs était grand, et les conséquences encore plus terribles … qui, à sa place, n’aurait pas tenté l’impossible et l’inconcevable pour les réparer ? « Ahva a trahis ses alliés. Elle a trahi la mémoire de Kuzali et celle de Samekh, elle a trahi tous les sacrifices fait par nos peuples et nos parents » déclara le vieux mâle « Et Awena, qu’a-t-elle fait ? Rien du tout. Elle a accepté de faire passer une vengeance avant un clan tout entier. Si tu te trouves égoïste, Sadaka, quand est-il d’elle ? »

Tadji n’attendait pas de réponses, mais il savait que Sadaka comprendrait ou il voulait en venir. Sadaka avait fait ses choix, certes, mais cela n’impliquait que lui … alors que les décisions d’Awena, elles, impliquaient tout un clan. Reine de Prideland, elle parlait au nom de son peuple. Et Kumpa … Kumpa était aussi coupable qu’elle, puisqu’il l’avait laissé faire. Même par-delà la mort, Samekh continuait d’avoir raison. Que cherchait-il ? Que comptait-il faire désormais ?

« — Rien qui puisse t’être bénéfique, j’en ai bien peur » répondit Tadji. Il ne comptait pas mentir à Sadaka, comment le pouvait-il ? Le sang de Samekh coulait dans ses veines, celui des enfants du feu … et les enfants du feu n’étaient pas enclins au pardon. Malgré toutes ces années qui les séparaient, Sadaka connaissait Tadji « Je veux mon royaume. La justice. La vengeance » Si le plan de Tadji se résumait encore à des idées éparpillées, il savait avec précision ce qu’il comptait faire pour Prideland. Awena et Ahva vivaient leurs derniers instants de quiétudes : Tadji était curieux de savoir comment leur peuple allait réagir en apprenant leur trahison … mais dans cette histoire, Sadaka était dans le même panier qu’elle et Tadji était peiné à l’idée de lui faire subir un nouveau scandale.

« — Prends tes enfants, ta compagne, et partez d’ici » déclara-t-il « Quittez Prideland avant qu’il ne soit trop tard. Il existe un endroit, au nord de la Terre des Lions. On l’appelle le Royaume Eloigné, c’est là-bas que j’étais pendant tout ce temps. Vous y serez en sécurité et peut-être pourrez-vous y vivre en paix » lui expliqua le prince déchu « Cette maudite terre ne t’a apportée que malheur, Sadaka, et j’ai bien peur que l’avenir soit encore plus sombre. Une tempête se lève et elle n’épargnera personne »

L’avertissement de Tadji était sans équivoque. S’il le fallait, le vieux mâle n’hésiterait pas à mettre la Terre des Lions à feu et à sang. Le vieux lion n’était pas fou : il n’en voulait pas aux Pridelanders ni aux Kulishas, seulement à Soto, Ahva et Awena. C’étaient pour eux que se déchaînait la tempête, mais Tadji n’excluait pas quelques dommages collatéraux. Et si jamais leurs clans respectifs les soutenaient pour ce qu’il avait fait … Tadji n’aurait d’autre choix que de les tuer tous, quand bien même devait-il périr à la fin de sa tâche.

_________________


There is no peace
Peace is a concept, peace is an ideal, peace is a promise, peace is a lie.
It’s just a tale we tell ourselves because the truth is so hard. There is only war
There is always fight, against each other, against our kind, against ourselves
There is only fight, and then revenge. Revenge is reality.


Images par Prince Voldy
Anciennement Samekh
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.the-lion-king-rpg.com/t3117-t-a-d-j-i-the-crowned-one

Contenu sponsorisé


À mon sujet

En savoir +
MessageSujet: Re: Les Fleurs du Mal ft. Sadaka   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les Fleurs du Mal ft. Sadaka
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Estimé,Magloire Que sont devenues les fleurs du temps passé?
» Un intrus dans mes parterres de fleurs
» Vin de fleurs de sureau
» Le langage des fleurs... Petit test...
» Lui dire avec des fleurs...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Lion King RPG :: 
La Terre des Lions
 :: 
La Lande des Sans-Terre
 :: La Vallée Abandonnée
-